
À 18 ans, on m'a dit que je passerais ma vie en chaise roulante. J'ai eu la chance d'être formé à examiner la littérature scientifique et à réfléchir par moi-même aux options thérapeutiques. J'ai ainsi pu refuser une série d'interventions lourdes, invasives et coûteuses — et quand je dis injustifiées, ce n'est pas une opinion personnelle : c'est ce que dit la littérature médicale. Selon mes estimations, ce refus a évité plusieurs centaines de milliers de francs de dépenses à l'assurance-maladie, donc indirectement aux assurés.
Un patient qui fait économiser un demi-million, qui repère des failles coûteuses, qui documente des manipulations de consentement visant à obtenir des opérations injustifiées — on pourrait imaginer qu'un tel cas intéresse les institutions. Comment une trajectoire aussi coûteuse a-t-elle pu être proposée ? Les alternatives conservatrices ont-elles été examinées sérieusement ? Qui évalue les dépenses évitées lorsqu'un patient refuse une escalade technologique ?
J'ai interrogé, décrit et expliqué — poliment, par écrit, en demandant simplement que les actes soient justifiés. Auprès des comités de déontologie, de la presse médicale, des instances de la clinique, de l'Ombudsman. Réponses :
-des menaces de plainte pour diffamation de la part de la clinique,
-mon assureur qui déclare qu'il n'y peut rien, mais qui au moins prend le temps de me faire une réponse structurée. C'est le seul
C'est ici que se dessine l'hypothèse la plus dérangeante : la corruption systémique n'a pas nécessairement besoin d'un corrupteur identifiable. Elle peut fonctionner sans enveloppe, sans fraude spectaculaire, sans complot explicite. Elle peut naître d'une organisation où les incitations économiques, les habitudes médicales, les circuits de remboursement, la peur juridique, la technophilie institutionnelle et la fragmentation des responsabilités produisent ensemble un résultat absurde : les solutions lourdes deviennent plus crédibles que les solutions simples, plus faciles à financer que les soins conservateurs, plus audibles que la parole du patient.

Je ne mène pas ce combat pour moi seul. Je défends les droits de la population en matière de santé : le droit à des soins proportionnés, à un consentement libre, à un système qui écoute la parole du patient au lieu de l'écraser sous la technologie. AlturLab fonctionne par donation — c'est ce qui rend cette recherche indépendante possible. Si ce travail vous semble utile, vous pouvez le soutenir ici : Donations.